Voyage au Japon: l’art manga

Beaucoup de voyageurs viennent au Japon pour l’objectif premier de faire un pèlerinage au pays des mangas, ces dessins animés qui viennent du Japon et qui commencent à peupler les rayons entiers en librairies. Voici un récit écrit par Nicolas, un fan de manga depuis des années et qui en a fait un voyage pour les découvrir entre autres curiosités du pays du soleil levant.

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Vous avez certainement entendu parler du terme manga pour parler de tout ce qui se rapproche de près ou de loin à l’animation ou à la BD Japonaise à tort. Le mot manga désigne en effet uniquement la BD Japonaise sous différentes formes. On peut parfois percevoir le manga comme un épi phénomène ne concernant que les jeunes ou de fervents passionnés. Cette forme de 9ème art est beaucoup plus qu’un effet de mode. Dans mes jeunes années, comme le temps passe si on pouvait voir de nombreux dessins animés Japonais, merci le club Do, il était par contre difficile de trouver des librairies où l’on pouvait trouver cette nouvelle forme de BD pour un public européen habitué à ces grands formats et ces histoires plutôt classiques. A l’époque, il n’y avait pas de rayon aux librairies, seulement quelques magasins spécialisés sur Paris, Bruxelles mais pas en province…Tout a bien changé depuis les années 90, le rayon manga est presque aussi large que celui de la BD européenne et comics (BD américaine de super-héros). Si je ne peux répondre pour tous, je peux vous dire pour ma part pour quelles raisons je me suis mis de plus en plus à dévorer les mangas. Si comme beaucoup de personnes j’ai commencé par des classiques de mon époque tels que Saint Saya (Les chevaliers de zodiaque), , Dragonball et j’en passe, j’ai au fur et à mesure des années découvert d’autres types d’histoires au gré des parutions. J’ai eu récemment la chance d’assister à une conférence de Katsuhiro Otomo le créateur d’Akira, le premier hit d’animation Japonaise en France. Ce grand mangaka expliquait ce qui selon lui différenciait le manga de la BD européenne ou même américaine au niveau du rythme de lecture. L’attention toute particulière est portée par sur ce rythme pour permettre au lecteur d’être immergé dans l’histoire, les angles des personnages et de leurs actions, le découpage des scènes en plusieurs «cases». Contrairement aux européens qui résumeraient en une case sur une page une action importante ou par ellipse, le mangaka va décrire chaque partie de l’action pour en signifier l’importance. Ce découpage presque scénaristique a convaincu depuis de nombreuses années au Japon et Corée du Sud également mais aussi désormais à Hollywood adapté directement ou inspiré largement de manga voir d’animé Japonais pour certains films « Live ». Rappelons par exemple que Old Boy, film coréen primé plusieurs fois à travers le monde, est adapté du manga éponyme. Un remake, bien moins glorieux, a également été réalisé par Spike lee. Dragonball, dans le genre échec total, a eu droit à son film. Les adaptations d’Akira et d’Albator sont toujours dans les tiroirs de producteur en projet plus ou moins avancés. 20th Century Boys d’un autre maître, Naoki Urazawa, a eu droit à son adaptation avec de vrais acteurs il y a peu. Je vais utiliser le poncif disant que contrairement à l’idée répandue on ne doit pas parler du manga mais des mangas et que chacun peut trouver ce qu’il cherche dans une histoire. On trouve des mangas pour enfants, pour adolescents et pour adultes. Les histoires peuvent varier de la vie de tous les jours, de l’école, d’une vie de famille, de sport, d’histoire, de métier, de héros…Cette diversité et ce format, petit par rapport à notre BD m’a séduit comme c’est visiblement le cas pour de plus en plus de personnes, non seulement en France mais aussi dans d’autres pays d’Europe et même au Etats-Unis où le comics a désormais un sérieux concurrent en présence du manga.

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La rencontre exceptionnelle avec M. Otomo, voulue par l’auteur, avec son public européen au Festival d’Angoulême (de nombreux étrangers étaient présents) fut une chance. J’ai eu la chance d’aller plusieurs fois au Japon et il est très difficile d’approcher ces auteurs et encore moins de pouvoir échanger avec eux. Cela se fait parfois par le courrier des lecteurs auquel certains répondent par un biais dans les parutions en tome de leurs histoires. Même à l’AnimeFair de Tokyo, les rencontres sont minimalistes. J’ai pu par contre voir la passion des Japonais pour leur BD et la « normalité » de leur lecture. Des magasins de mangas, vous en trouverez à peu près partout au Japon même dans les petites villes donc ne vous inquiétez pas pour vos futurs achats sur place. Il n’est pas rare non plus d’avoir des magasins les vendant en seconde main, comme book off, mais dans un parfait état. Vous pourrez même en avoir gratuitement dans les transports publics ou les cafés/bars ou restaurants. Le prix modiques là-bas des revues de manga ainsi que leur nombre et le rythme de parution souvent hebdomadaire incite souvent les gens à laisser leurs revues sur place une fois finie afin de laisser la chance à une autre personne de le lire. Chez nous c’est 20 minutes ou Direct Matin, chez eux c’est Shonen Jump, Big Comic que vous retrouverez sur un strapontin ou dans le filet à bagage au-dessus de vous. Je ne pouvais terminer sans un petit mot pour « l’inventeur » du manga moderne, Osamu Tezuka. Le créateur de Léo, Blackjack, Atom, Bouddha…dont on peut visiter le musée à Takarazuka a été le précurseur d’un style et d’une diversité qui a permis au manga d’aujourd’hui d’avoir cette résonance internationale.  N’hésitez pas à découvrir si ce n’est fait les œuvres Japonaises, coréenne ou taiwanaise également selon vos envies, votre rythme et  vous trouverez certainement manga à votre main !

 

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